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Yannick Monget : « Ce virus-là est peut-être un mal pour un bien »



LE REPUBLICAIN LORRAIN (France)Le monde touché par un virus mutant ? Yannick Monget l'avait prévu dès 2006 et son premier livre de prospective ; Demain, la Terre. L'expert en futur espère que de l'épisode actuel naîtront deux choses positives : une production relocalisée et une meilleure préparation à d'autres menaces.

Dès son premier livre, Demain, la Terre, paru en 2006, préfacé par Jean-Marie Pelt, le jeune Yannick Monget évoque les risques liés au dérèglement climatique. L'avenir lui a donné raison avec des cyclones de plus en plus puissants (Katrina), des catastrophes nucléaires nées d'un séisme (Fukushima), des maladies remontées du Sud (Chikungunya), des méga feux en Australie et… des virus. Il y a eu le Sras, la grippe aviaire. Et aujourd'hui, le coronavirus, issu d'une rencontre malsaine avec une espèce animale aujourd'hui non clairement identifiée… Quinze ans plus tard, prospectiviste expert, le Messin se sait écouté avec scepticisme en France : "Aus Etats-Unis, les auteurs de fiction scientifique sont reconnue. En France, leurs travaux sont encore vus comme de la science-fiction. J'essaie de faire de bonnes prédictions pour que ça n'arrive pas. Cassandre prévoyait toujours la vérité, mais n'était pas écoutée…"

Que nous apprend cette épidémie ? Yannick Monget : Déjà, ça fera prendre conscience aux gens que les leçons d'hygiène, on devrait les appliquer tout le temps. Dans certains pays d'Asie, on porte un masque dès qu'on est malade, par respect pour les autres. Là, on a de la chance, on a un virus "gentil". Il est peut-être un mal pour un bien. D'un point de vue global, s'il peut nous permettre de prendre conscience de cette menace, de ce qui ne marche pas, comme aujourd'hui la coordination entre médecine privée et publique, c'est un bien.

On pourrait apprendre à mieux anticiper les catastrophes ? Les sapeurs-pompiers n'étaient pas préparés à gérer l'incendie de l'usine Lubrisol. Et si ça avait été une centrale nucléaire ? Quelles dispositions est-ce qu'on a à Cattenom ? S'il y a la moitié des techniciens de la centrale malades, qu'est-ce qui se passe ?

Cela pourrait être l'occasion pour rendre nos sociétés moins vulnérables, non ? Le bon sens écologique va inciter à relocaliser. Cela fait des années qu'on le répète, mais dès lors que ça touche au portefeuille, ça peut inciter à revenir à une production locale, à diminuer la pollution , à cesser le commerce d'animaux sauvages. Il faut une politique disruptive, un changement global de société. Ce virus nous montre que c'est possible, il aura un impact à long terme intéressant. Regardez, depuis que la Chine est en quarantaine, le ciel des grandes villes et des ports est redevenu bleu.

Puisque tout s'accélère, qu'elle sera la prochaine catastrophe ? Le dégel du permafrost, en sibérie et au Canada, va libérer des mégavirus enfermés depuis des milliers d'années. Il y en aura forcément.

Olivier JARRIGE



LE REPUBLICAIN LORRAIN (France)LE REPUBLICAIN LORRAIN (France)Is the world affected by a mutant virus? Yannick Monget had predicted it as early as 2006 and his first prospective book; Demain, la Terre (Tomorrow, the Earth). The future expert hopes that two positive things will emerge from the current episode: a relocated production and a better preparation for other threats.


In his first book, Demain, la Terre, published in 2006, with a preface by Jean-Marie Pelt, the young Yannick Monget has been evoking the risks linked to climate change since his first book, Demain, la Terre, published in 2006. The future proved him right with increasingly powerful cyclones (Katrina), nuclear disasters born of an earthquake (Fukushima), diseases that have come up from the South (Chikungunya), mega fires in Australia and... viruses. There was the SARS, the bird flu. And today, the coronavirus, the result of an unhealthy encounter with an animal species that is today not clearly identified... Fifteen years later, as an expert prospector, Messin knows that it is listened to with skepticism in France: "In the United States, the authors of scientific fiction are recognized. In France, their work is still seen as science fiction. I try to make good predictions so that it doesn't happen. Cassandra always predicted the truth, but was not listened to..."


What does this epidemic tell us? Yannick Monget: First of all, it will make people aware that hygiene lessons should be applied all the time. In some Asian countries, we wear a mask as soon as we are sick, out of respect for others. There, we are lucky, we have a "nice" virus. It is perhaps an evil for a good. From a global point of view, if it can make us aware of this threat, of what does not work, like today's coordination between private and public medicine, it is a good.


We could learn to better anticipate disasters? The firefighters were not prepared to deal with the fire at the Lubrisol plant. What if it had been a nuclear power plant? What provisions do we have at Cattenom? If half of the plant's technicians are sick, what happens?


This could be an opportunity to make our societies less vulnerable, right? Ecological common sense will encourage relocation. We've been saying this for years, but as soon as it affects the wallet, it can incite us to return to local production, to reduce pollution, to stop the trade in wild animals. We need a disruptive policy, a global change in society. This virus shows us that it's possible, it will have an interesting long-term impact. Look, since China has been under quarantine, the skies of major cities and ports have turned blue again.

Since everything is accelerating, what will be the next disaster? The thawing of the permafrost in Siberia and Canada will release megaviruses that have been locked up for thousands of years. There is bound to be some.


Olivier JARRIGE

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