Mort de Stanislav Petrov... l'homme qui vous a sauvé la vie

21.09.2017

POST • Beaucoup d'entre vous ne connaissent même pas son nom alors qu'il devrait être enseigné dans tous les cours d'Histoire. Car sans lui, aucun de vous ne serait probablement vivant aujourd'hui, ou, disons, pour une partie peut-être d'entre nous (les moins chanceux) vivants mais dans des conditions que je n'ose même pas imaginer, sur une planète probablement devenu un enfer sur Terre. Cet homme, Monsieur Trump, vous feriez bien d'écouter son histoire, car cet homme, ce héros, à qui nous devons tous notre vie, n'a rien de moins qu'évité en pleine guerre froide (que vous réchauffez avec une inconscience qui frôle la folie et la plus grande bêtise) qu'une pluie de missiles nucléaires s'abatte dans le monde et ne le transforme en surface aussi accueillante que le sol lunaire.

 

Alors qu'il n'était en 1983 âgé que de 34 ans, c'est en effet lui était en charge - en pleine guerre froide - de la surveillance du système satellite a Moscou. Quand le 26 septembre à minuit environ les alertes se mirent à retentir, indiquant le lancement de 5 missiles des Etats-Unis vers l'URSS la logique militaire aurait voulu qu'il lance l'alerte et donc la réplique immédiate de l'URSS : ce qui voulait dire en clair, une guerre nucléaire.

 

Mais voilà.

 

Cette nuit là, cet homme a refusé de donner l’alerte.

Cette nuit là, il a probablement évité rien de moins que la 3ème (et probablement dernière) guerre mondiale.

 

Terrifié, il a en effet vite compris l'enjeu de la décision et ce qu'elle incombait pour le monde. Il a également eu l'idée de réfléchir (pratique que je vous encourage Mr Trump à pratiquer de temps à autre), en se disant qu'une attaque des USA contre l'URSS avec 5 missiles n’était pas logique : si les USA voulaient détruire l'URSS, pourquoi n'en lancer que 5 et pas tout l'arsenal ?

 

Ayant un doute, il a alors observé les radars au sol qui ne confirmaient en rien ce tir. Il a alors décidé de parier sur un bug, une erreur informatique en priant pour qu'il soit dans le vrai.

 

L'histoire nous apprendra plus tard que l'erreur d'interprétation des ordinateurs provenait effectivement du reflet de nuages que les outils technologiques de l'époque avaient mal "compris".

 

Ce soir du 26 septembre 1983, notre technologie aurait pu nous détruire.

Ce soir du 26 septembre 1983 cet homme a tout bonnement sauvé le monde.

 

A l'heure où plusieurs fous menacent de recourir à cette arme,

A l'heure où plus d'une centaine de pays viennent cette semaine à l'ONU de tenter d'interdire définitivement l'utilisation de l'arme atomique - refusé comme on pouvait s'y attendre par la poignée de pays qui la possède et veut la conserver, France en tête - cette mort sonne comme un étrange échos de l'histoire à l'actualité.

 

N'avons-nous donc rien retenu de l'Histoire ?

...

Non.

...

Rien.

 

Et nous continuons dans l'aveuglement total de danser au bord du volcan, bercés par notre inconscience, notre inconséquence et notre irresponsabilité, pour ne pas dire notre bêtise.

 

La chance fut avec nous en 1983.

Elle le fut a dire vrai à un certain nombre de reprises.

 

Mais la chance finit toujours par tourner.

 

Il n'en sera pas toujours ainsi. Nous n'aurons pas toujours un Petrov pour nous éviter de commettre l'irréparable.

 

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A l'heure ou l'on se pose des questions sur les statues que l'on devrait garder ou Déboulonner au regard de l'éthique des personnages qu'elles représentent, il y en a d'autres qui paradoxalement mériteraient des statues dans le monde entier, mais que personne ne connait et ne connaîtra jamais.

 

Ironie du sort, Petrov est en réalité mort en mai... mais nous venons seulement de l'apprendre cette semaine... et je fais le pari que très peu de médias s’en feront l’écho ces jours-ci...

 

 

 

 

 

 

 

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