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Disparition de Jacques Perrin, qui m’avait fait l’honneur de participer à Hopes.



C’est avec une immense tristesse que je viens d’apprendre ce soir la disparition de Jacques Perrin. En octobre dernier, il m’avait encore envoyé un petit mot manuscrit qui trônait depuis sur mon bureau, ou il m’exprimait sa reconnaissance et son « bonheur » pour avoir pu être dans l’une de mes pages, dans « Hopes », un livre qu’il trouvait magnifique m’écrivait-il, ce qui m’avait profondément touché.

Ce soir, pour lui rendre hommage, j’ai souhaité partager avec vous le texte qu’il m’avait adressé et que vous pouvez trouver dans le livre Hopes, (p.271, aux côtés d’un texte que m’avait adressé Jane Goodall).


Son texte résonne avec l’actualité, entre l’inquiétude relative au triste spectacle que nous offre le monde ces dernières années et en même temps l’optimisme et la volonté de continuer de croire malgré tout en l’avenir. Un regard et une vision de la vie et du monde que nous partagions, notamment sur la thématique de l’environnement, et sa protection, pour laquelle il s’est fortement engagé. Voici ce qu'il m'écrivait il y a quelques mois :


« Je suis inquiet. Nous sommes tous terriblement inquiets. Il suffit pour cela d’ouvrir le premier journal du matin. Une angoisse profonde nous submerge face à l’effondrement qui vient. Inéluctablement. L’espèce humaine ne serait-elle donc qu’une erreur de la nature, précipitant dans le chaos une histoire vieille de près de quatre milliards d’années ?


Mais je suis un incurable optimiste : voyons-le plutôt comme une chance. L’histoire de l’univers est faite de bricolages improbables et d’heureux hasards, d’innombrables rencontres de particules, d’atomes, de molécules, d’êtres, d’émotions, d’idées et de récits. L’homme s’inscrit dans ce mouvement immémorial. Expert en relations, virtuose de la métaphore et de l’analogie, l’homme est probablement le meilleur accélérateur de cet élan créatif vieux comme le monde.


En insatiable curieux, je puise dans la nature la matière de mes films. Loin de tout désenchantement, l’art et la science enrichissent le monde. Mes films sont mes universités. Chacun d’eux m’ouvre les portes d’un monde nouveau et chatoyant. Grâce à eux, je vis mille vies. Artistes et scientifiques sont des chercheurs qui partagent la même fascination pour le monde, le même désir de l’explorer, la même volonté de le raconter et de le partager.


Cessons de nous penser comme maîtres et possesseurs de la nature, car la planète appartient à tous les vivants. Nous sommes des parcelles de Terre. Retrouvons l’esprit de la Renaissance italienne métissé des apports de l’écologie et de l’anthropologie, et n’ayons plus peur de devenir les hérauts de la Terre et de tous ses habitants, les chevaliers servants de la beauté du monde… »


Jacques Perrin

Hopes, Symbiom éditions, 2021


Si beaucoup font référence ce soir à son incroyable carrière d’acteur et de réalisateur, c’est son engagement que je souhaitais mettre en avant et qui résonne dans les mots qui vont suivre. Depuis 2011, il s’était ainsi engagé auprès du chef Raoni (qui a également participé à Hopes) dans son combat contre le barrage de Belo Monte. En tant que producteur, il avait également produit Microcosmos en 1995 ou le Peuple migrateur il avait également signé la réalisation d’Océans…


Ce soir je pense à ses proches, et à toutes celles et ceux qui travaillent à ses côtés chez Galatée Films et avaient permis cette collaboration avec Jacques Perrin sur Hopes.


Il nous aura quitté la veille du jour de la Terre...


Yannick Monget









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