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VISIONS D'AVENIR / Un autre monde est [encore] possible

  • Photo du rédacteur: Yannick Monget
    Yannick Monget
  • 17 juil.
  • 11 min de lecture

Oeuvre originale / Yannick Monget, 2026


LIEU : Un peu partout à travers le monde

SCENARIO : Prise de conscience environnementale de l'humanité


Dans cette vidéo un peu spéciale et plus longue que celles publiées habituellement, l'idée a été de se projeter dans un avenir pas forcément si lointain que cela, quelques années, voire décennies, afin de mettre en image le visage que pourrait prendre notre monde si l'humanité venait à se reprendre en main. Un voyage à travers le monde tel qu'on souhaiterait le voir devenir. La communauté scientifique est claire à ce sujet : il est toujours temps de changer. Explications...


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UN AUTRE MONDE EST [ TOUJOURS ] POSSIBLE

IL EST ENCORE TEMPS

 

Je souhaitais terminer la saison avec une dernière publication positive, empreinte d'espoir, avant de prendre un peu de repos — comme un certain nombre d'entre vous aux vues de tous les projets qui s’annoncent pour la rentrée.

 

Car il me semble essentiel, a fortiori après ces dernières semaines difficiles, de ne pas céder au pessimisme, au fatalisme, au doute ou à la peur, notamment après les canicules historiques qui se sont enchaînées ces dernières semaines et qui inquiètent beaucoup d'entre vous — et à juste titre. Au contraire, il nous faut, plus que jamais, rester mobilisés, combatifs et déterminés.

 

Factuellement, les chiffres et données demeurent certes inquiétants, pour ne pas dire affolants : 2025 se classe au troisième rang des années les plus chaudes jamais mesurées, juste derrière 2024 et 2023, et je ne pense pas prendre un gros risque en disant que 2026 sera probablement pire. Le réchauffement atteint désormais 1,24 °C par rapport à l'ère préindustrielle, contre 1,07 °C lors du précédent bilan du GIEC — soit un rythme de réchauffement inédit de 0,27 °C par décennie, entièrement imputable à l'activité humaine*. Les océans, qui absorbent environ 90 % de cet excès de chaleur, ont eux aussi battu des records en 2025, avec une moyenne de 58 jours de vagues de chaleur marine par an sur la dernière décennie, contre 36 jours seulement entre 2007 et 2016.

 

* J’insiste ici sur le « entièrement imputable », pour rebondir sur les propos de certains politiques qui, encore récemment, mettaient en doute dans nos médias la part de responsabilité anthropique, ce qui est insupportable à entendre au vu des données factuelles que nous avons et qui ne laisse place à aucun doute.

 

 1 La première raison est simple : au vu de ce qui est en jeu, l'échec ne nous est pas permis,


Car ce qui est en jeu n'est rien d'autre que l'avenir de notre espèce, de l'humanité, et de la biodiversité avec laquelle nous partageons ce monde. Pas celui de la planète, qui, elle, nous survivra. Ni même celui de la vie, qui a déjà traversé des catastrophes absolues et y a résisté, à de nombreuses reprises, depuis 3,8 milliards d'années.

 

Cela fait plus de trente ans que les experts du GIEC, dès leur premier rapport de 1990, ainsi que des générations entières de lanceurs d'alerte, documentent, modélisent et annoncent très précisément ce que nous vivons aujourd'hui : l'intensification des vagues de chaleur, l'accélération de la montée des eaux, la multiplication des événements extrêmes, mais aussi l’impact de la pollution par les pesticides sur notre santé à tous (car au-delà du climat, d’autres enjeux environnementaux sont particulièrement inquiétants comme la pollution chimique de notre environnement). 20 ans que pour ma part je tente d’alerter, et de mettre en image ces prédictions pour les rendre appréhendables par le grand public comme les décideurs. Rien de ce qui se produit ne nous prend au dépourvu. Tout avait été prévu, chiffré, publié, présenté aux décideurs comme au grand public, avec un luxe de précautions méthodologiques et de précision scientifique rarement égalé dans l'histoire des sciences. Nous n'avons pas ménagé nos efforts, avec la communauté scientifique, pour alerter, vulgariser, sensibiliser — colloques, rapports, expositions, ouvrages, interventions publiques. Et pourtant, force est de constater qu'il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir, ni pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

 

Au vu de ce qui est en jeu, échouer n'est donc pas une option. Nous devons changer de voie, changer les règles, transformer notre société, notre civilisation, vers un modèle véritablement symbiotique — un modèle qui saura enfin construire un rapport à bénéfice réciproque avec son environnement. Voilà l'objectif qui doit nous guider.

 

Voir se réaliser, année après année, ce que nous redoutions et annoncions est une épreuve amère. Mais elle ne doit pas se transformer en résignation : elle doit au contraire nourrir notre détermination, car ce qui a été prévu peut aussi, en partie, être évité ou atténué si nous agissons maintenant.

 2  La seconde raison, c'est que les solutions existent et qu’elles sont là, à portée de main. Nous avons le savoir, les connaissances, les technologies (il nous reste pas mal de travail sur le plan de la sagesse, je vous le concède). Et une part importante de la société agit déjà, au quotidien : elle développe des solutions, refuse de baisser les bras, met en œuvre des outils qui ont fait leurs preuves — dans l'énergie et le renouvelable, dans l'alimentaire, la santé... dans tous les pans de la société, sans exception. Je vois notamment beaucoup d’initiatives au sein des collectivités locales, des villes ou des régions, qui, constatant la faillite de l’État sur ces questions cruciales, prennent les choses en main à leur niveau, avec beaucoup d’efficacité et d’avancées concrètes et de résultats sur le terrain. C'est quelque chose dont j'ai pleinement pris conscience en rédigeant le livre HOPES, et je constate, en travaillant sur sa version étendue et sur les nouvelles expositions associées actuellement en préparation, que cela n'a jamais été aussi vrai.

 

 

 3  La troisième est que j’observe une prise de conscience tardive, mais bien réelle de nombreuses personnes qui ne se sentaient pas concernées jusque-là par les questions environnementales et qui comprennent (avec pas mal de retard à l’allumage tout de même) que les défis environnementaux constituent de loin la pire des menaces pesant sur notre avenir. On voit clairement un changement de ton au sein des partis politiques qui considéraient il y a peu encore les propos des scientifiques comme exagérés et catastrophistes. Cela ne les empêche pas de continuer de nous attaquer, que nous soyons lanceurs d’alerte ou scientifiques, et parfois avec une véritable violence, mais face à la réalité de ce que vivent les populations (et donc les électeurs) il est à présent difficile pour eux de nier l’évidence.

 

Je pense sincèrement que cette prise de conscience peut provoquer un sursaut démocratique, et rebattre les cartes pour les échéances électorales à venir, en disqualifiant les politiques climatosceptiques et plus généralement ceux qui continuent de défendre des positions écocidaires (comme la loi Duplomb au niveau national ou les accords type Mercosur au niveau international). Tôt ou tard, face à la réalité de ce que vivront les citoyens, ces politiques devront rendre des comptes face au choix des urnes, et même face à la justice, je pense.

 

Certes, nos responsables politiques (pour la plupart en tout cas) n’ont pas été à la hauteur des enjeux, notamment à l’échelon national ou international — nous en sommes tous conscients (bon… sauf peut-être eux). La récente COP en a apporté une nouvelle illustration, nombre de pays n'ayant toujours pas publié leurs feuilles de route de réduction d'émissions, tandis que les États-Unis se sont retirés à la fois de l'Accord de Paris et du GIEC. Mais l'avenir de notre société, j'en reste profondément persuadé, ne se joue pas à ce niveau-là. Il se joue au sein des peuples, de la société civile, des individus, des entreprises, des associations, des collectivités locales, des ONG...


 4  Et c’est la quatrième raison à laquelle je souhaitais venir :  il est essentiel de prendre conscience que vous n'êtes pas seuls, que toute une partie de l’humanité est consciente des défis et a commencé à agir partout sur la planète.


Sur le terrain, d'innombrables personnes, partout dans le monde, travaillent à construire ce monde meilleur : des cabinets d'architecture qui réinventent nos lieux de vie, nos bâtiments et notre urbanisme aux agriculteurs qui refusent de céder au modèle productiviste que certains veulent leur imposer ; des artisans qui continuent de préférer la qualité à la quantité aux consommateurs qui refusent de céder davantage au consumérisme… Vous n'avez pas idée de tout ce qui bouillonne, de tout ce qui s'invente, de toutes ces volontés qui voient le jour et s’animent de de par le monde.

 

 

V I D E O

UNE ILLUSTRATION VISUELLE DE CET AVENIR ENCORE POSSIBLE

 

Pour compléter et illustrer ce propos, j'ai donc voulu terminer la saison en publiant une série d'animations et prises de vues illustrant cet autre monde possible — un avenir souhaitable, que nous pouvons encore choisir, qui n'est pas hors de portée. Vous y retrouverez beaucoup des œuvres visuelles de HOPES, ainsi que certaines réalisations plus récentes, que j'ai voulu vous faire redécouvrir sous un format vidéo — celui que j'utilise de plus en plus dans nos expositions en réalité augmentée. Montrer à quoi ce monde pourrait ressembler — comme je le fais depuis plus de vingt ans — en donnant à voir les solutions que les scientifiques ont déjà mises en évidence. Une sorte de résumé en images et en projections, que je publierai dans les semaines et les mois à venir, reprenant également quelques réalisations récentes — pour offrir, à rebours du discours ambiant, une vision résolument positive du futur que nous pouvons encore imaginer et construire. Car oui, les marges de manœuvre existent toujours, et il n'est jamais trop tard.

 

Cette vidéo est utopiste dans le sens premier du terme, illustrant non pas quelque chose d’irréalisable, mais de non (encore) réalisé, et pour étayer mon propos, je clôturerai ce dossier avec une série d’éléments factuels qui me font personnellement garder espoir (déformation scientifique, mais pour ma part, j’aime les données concrètes qui me parlent davantage que certains discours) :

 

Sur le plan de l'énergie une bascule s'accélère vers les renouvelables qui sont devenues également infiniment plus intéressantes que les énergies fossiles ou que le nucléaire, preuve à l’appui : En 2025, le solaire a connu la plus forte progression annuelle jamais enregistrée pour une source d'énergie dans l'histoire, avec près de 600 térawattheures de production supplémentaire dans le monde selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE) — soit une hausse de plus de 25 % en un an. Pour la première fois hors période de récession, une énergie renouvelable est devenue le premier contributeur à la croissance de la demande énergétique mondiale.


Côté capacités installées, l'Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) recense une hausse record de 692 gigawatts en 2025 — du jamais-vu — portant le parc mondial à 5 149 GW, soit +15,5 % en un an. Les renouvelables ont représenté 85,6 % de toutes les nouvelles capacités électriques mises en service dans le monde. Et surtout : ce n'est plus une question d'idéologie, mais d'arithmétique. Selon l'IRENA, le coût moyen mondial de production (LCOE) s'établit en 2025 à environ 0,034 $/kWh pour l'éolien terrestre et 0,043 $/kWh pour le solaire photovoltaïque, contre 0,077 $/kWh pour une nouvelle centrale à gaz et 0,119 $/kWh pour le charbon. L'éolien terrestre est ainsi 53 % moins cher, et le solaire 41 % moins cher, que la moins coûteuse des solutions fossiles neuves — 91 % des nouvelles capacités renouvelables installées dans le monde produisent déjà à un coût inférieur à toute alternative fossile. Face au nucléaire neuf, l'écart est plus net encore : la banque Lazard évalue le LCOE d'une nouvelle centrale nucléaire américaine entre 142 et 222 $/MWh, contre 29 à 92 $/MWh pour le solaire au sol et 27 à 73 $/MWh pour l'éolien terrestre — un rapport qui peut atteindre 1 à 5 en défaveur du nucléaire neuf. Depuis 2010, le coût d'installation du solaire à grande échelle a chuté de 87 %, et celui des batteries lithium-ion de 93 %, ce qui change profondément la donne du stockage et donc de la fiabilité du renouvelable.

 

Côté déforestation  un vrai recul est actuellement observé dans le monde, notamment en Amazonie. Selon le réseau scientifique MapBiomas, la déforestation au Brésil a chuté de 20,6 % en 2025 par rapport à 2024, passant pour la première fois sous la barre du million d'hectares — son niveau le plus bas depuis le début des relevés en 2019. En Amazonie même, la surface déboisée a reculé de 23,5 % sur un an. Cette baisse est directement liée au renforcement des contrôles : 65 % des zones où une perte de végétation a été détectée ont fait l'objet d'une intervention des autorités en 2025, contre seulement 5 % en 2019. La vigilance reste de mise — la déforestation continue, portée à 99 % par l'expansion agricole — mais la tendance, elle, s'est inversée.

 

Côté couche d'ozone l’illustration concrète que l’humanité quand elle se mobilise peut obtenir de vrais succès. C'est sans doute l'exemple le plus encourageant, que je cite souvent (notamment dans mon ouvrage HOPS), car il montre qu'un problème global peut être résolu quand la science est écoutée. Le trou de la couche d'ozone au-dessus de l'Antarctique en 2025 a été le cinquième plus petit observé depuis 1992, et s'est refermé plus tôt que les années précédentes — un signe de régénération constaté année après année depuis l'adoption du protocole de Montréal en 1987. Selon les projections, si les réglementations actuelles sont maintenues, la couche d'ozone devrait retrouver son état de 1980 vers 2040 au niveau mondial, et 2066 au-dessus de l'Antarctique. C'est loin, mais c'est écrit — et c'est la démonstration concrète qu'un traité international bien conçu peut inverser une trajectoire qu'on croyait irréversible.

 

Sur le plan de l'agriculture des solutions déjà à l'échelle : Face à une crise agricole réelle — sécheresses, sols appauvris, dépendance aux intrants — des leviers ont fait leurs preuves : l'agriculture régénératrice et l'agroécologie restaurent la matière organique des sols et leur capacité à retenir l'eau ; l'agroforesterie et les couverts végétaux permanents limitent l'érosion tout en séquestrant du carbone ; les circuits courts et la diversification des cultures réduisent la vulnérabilité aux chocs climatiques. Ces pratiques ne sont plus expérimentales : elles sont aujourd'hui intégrées, à des degrés divers, dans les politiques agricoles de nombreux pays et dans les cahiers des charges d'un nombre croissant de filières.


 

Rien de tout cela n'efface l'ampleur du défi — les fossiles représentent encore l'essentiel du mix énergétique mondial, la biodiversité continue de reculer, et l'inertie climatique restera sensible pendant des décennies. Mais ces données, issues de sources de référence — AIE, IRENA, MapBiomas, OMM, Lazard — racontent une histoire qu'on entend trop peu : celle d'une trajectoire qui bouge, plus vite qu'on ne l'imaginait il y a dix ans, et dans la bonne direction. L'espoir, ici, n'est pas une posture. Il est dans les chiffres et les données.

 

 

Petite note : sur la version Reels d'Instagram, qui présente des prises de vue différentes de la vidéo YouTube, vous découvrirez, parmi les différentes villes, Kiev — un petit clin d'œil à nos amis ukrainiens, qui continuent de se défendre. La paix reviendra en Europe. Cela fait pleinement partie de ce futur désirable que j'imagine, et auquel je crois profondément. Je reste persuadé que nous assistons au chant du cygne d'un ancien monde — celui de la violence, celui des énergies fossiles, qu'illustrent parfaitement des figures comme Poutine ou Trump, ainsi que certains partis politiques. Un monde déjà condamné, qui en prend peu à peu conscience, mais qui ne pourra rien y changer. C’est ainsi : la révolution est en marche, et rien ne pourra plus l'arrêter. On parle souvent de l'inertie du réchauffement climatique, et des phénomènes qui l'accompagnent, comme la montée des eaux. Mais cette même inertie caractérise aussi la mutation de notre civilisation — une mutation déjà en cours. Je reste, aujourd'hui plus que jamais, convaincu qu'un autre avenir est possible — et qu'il est toujours temps de le construire.

 

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NOTES SUR L'IA : Les œuvres originales à la base de ces visions animées de notre future sont des œuvres artistiques, réalisée sans aucun recours à l'IA / L'intelligence artificielle n'a été utilisée que dans un second temps, comme outil complémentaire pour les animer, donner vie et explorer ces visions d’artistes.


Commander le livre HOPES : https://www.symbiom.org/hopes


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Ces différentes pages vous permettront de voyager régulièrement dans d'innombrables futurs possible afin de mieux appréhender les menaces et défis pesant sur notre monde, mais également de mieux visualiser les innombrables solutions existant et espoirs qui demeurent.



 
 
 

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