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Obscurantisme : Quand l'Art défend les sciences

  • Photo du rédacteur: Symbiom team
    Symbiom team
  • 24 févr.
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 4 jours



L'art comme rempart contre l'obscurantisme : quand Yannick Monget place la science au cœur de ses expositions


Dans un contexte mondial où la désinformation et le climatoscepticisme persistent, certains artistes choisissent de transformer leurs œuvres en outils de résistance. Yannick Monget, écrivain, artiste qui possède lui-même une formation scientifique, incarne ce basculement : il utilise depuis des années les arts visuels pour alerter, sensibiliser et soutenir la parole scientifique face aux tentatives de censure et à la montée des ignorances politiques.


Quand l’Art défend les Sciences. 


Monget ne se contente pas d'illustrer des enjeux climatiques : il les met en scène pour rendre visible l'effacement progressif des savoirs et la pression qui pèse sur celles et ceux qui produisent des connaissances. Ses peintures et installations dénoncent régulièrement les dérives climatosceptiques — notamment celles concernées sous l'administration Trump — mais surtout elles suggèrent la provocation documentaire : rendre tangible l'autocensure et la suppression des mots.



Le caviardage comme dispositif politique.


L'été dernier à Metz, Monget a expérimenté une démarche frappante : il a volontairement caviardé les textes et légendes accompagnant ses œuvres. Les paragraphes amputés, les expressions effacées, les blancs dans les cartels ne sont pas des erreurs esthétiques mais un geste politique assumé — une manière de montrer au public ce que subissent des chercheurs aux États‑Unis lorsque certains termes deviennent scientifiques « indésirables ». Pour expliquer ce procédé, l'artiste place en bas de ses légendes une icône devenue sa signature militante : le profil du président américain barré en rouge, évitant que le texte a été amputé en réaction à une politique de censure.


Photo : Yannick Monget a volontairement fait caviarder les panneaux de toutes ses expositions pour dénoncer la censure que subissent les scientifiques à travers de nombreux pays, notamment aux Etats-Unis... mais pas uniquement, (loin de là).


Un double signal : science et technologie


À côté de ce logo, Monget ajoute un autre symbole — les initiales « IA » barrées. Ce deuxième pictogramme n'exprime pas un rejet global de l'intelligence artificielle, mais une mise en garde. L'artiste explique clairement : il n'est pas contre l'IA en tant que telle et commence à s'en servir pour certains compléments (animations, outils d'accompagnement), mais il refuse d'en faire le moteur principal de sa création. Ses peintures numériques naissent toujours d'un support peint réel, et il s'interdit d'utiliser l'IA pour rédiger les textes de ses ouvrages.


Par ce double marquage, il attire l'attention sur deux dangers liés mais distincts : la politisation et la censure de la science d'une part, l'abus technologique et la dilution de la responsabilité artistique de l'autre.


Comment l'art agit sur les consciences


L'art a une capacité unique à rendre sensible ce que les chiffres et les rapports peinent parfois à transmettre. Une légende caviardée provoque davantage d'émotion et d'interrogation qu'un article de journal ; une icône barrée mobilise la curiosité et pousse le visiteur à questionner l'origine du geste. En rendant visible l'absence — mots supprimés, phrases inachevées — Monget fait sentir l'impact politique du silence. Son positionnement de scientifique-artiste ajoute de la légitimité : il ne politise pas la science, il en défend l'intégrité.


Un appel à la vigilance collective Le travail de Yannick Monget n'est pas une posture isolée mais un appel : l'art peut épauler la science en rendant palpable la censure et la désinformation, en créant des espaces de débat et de réflexion. Par ses gestes esthétiques et symboliques, Monget invite le public à refuser l'effacement des savoirs et à mesurer les risques d'un usage incontrôlé des technologies. Dans un monde où la vérité scientifique peut être contestée par des choix politiques ou techniques, l'art se révèle être un rempart nécessaire — et parfois la seule manière de réveiller les consciences.

 

A lire également : Quand l’Art stigmatise l’effacement (Source : Républicain Lorrain



A. Cendras / Symbiom

Photo : "Résidence du climatosceptique" Oeuvre tirée de l'ouvrage HOPES de Yannick Monget.

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