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PRESSE ECRITE / Républicain Lorrain

  • Photo du rédacteur: Symbiom team
    Symbiom team
  • 11 août 2025
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 26 févr.



QUAND L'ART STIGMATISE L'EFFACEMENT


À Metz, sur les hauteurs de Sainte-Croix, dans la rue Taison et au cloître des Récollets, les passants s’arrêtent, interloqués devant les panneaux d’exposition de Yannick Monget. Certaines légendes de ses œuvres sont barrées, comme censurées. Un choix volontaire, assumé et politique. « Ce n’est pas un effet de style, mais un acte de résistance », affirme l’artiste.


Depuis plusieurs mois, Yannick Monget alerte sur une forme de censure imposée au sein de certaines institutions américaines. Sous l’administration Trump, des directives internes ont été diffusées dans plusieurs agences fédérales, interdisant l’usage de mots jugés sensibles dans les publications officielles, les demandes de subventions ou les rapports.


Des termes comme climate crisis (crise climatique), diversity (diversité), transgender (transgenre), indigenous community (communauté autochtone) ou encore safe drinking water (eau potable) ont ainsi été bannis. « Aujourd’hui, plus de 350 mots sont considérés comme problématiques dans mes ouvrages ou mes expositions, pour des raisons purement idéologiques », déplore l’artiste. Cette politique de restriction du vocabulaire ne se limite pas à un simple choix lexical : elle s’accompagne de mesures concrètes telles que la suppression de pages web, le retrait de bases de données scientifiques, la coupure de financements ou l’interdiction de publier certains résultats. « C’est une censure qui a des effets directs sur la recherche, la santé publique, l’éducation ou encore l’information des citoyens », poursuit Yannick Monget.


« Cacher un mot, c’est parfois lui donner plus de force que s’il avait été écrit »


Face à cette dérive, l’artiste transforme ses œuvres en outils de réflexion. Il matérialise la censure en barrant lui-même les mots qu’on ne peut plus dire. « Cette mise en scène du silence permet à chacun de s’interroger. En ne précisant pas systématiquement ce qui est effacé, je laisse le public libre de projeter ses propres doutes, ses propres interprétations », explique-t-il. Un procédé qui donne paradoxalement plus de poids à ces mots interdits : « Cacher un mot, c’est parfois lui donner plus de force que s’il avait été écrit. » Son geste artistique devient alors un cri muet contre l’effacement du langage – et, avec lui, de la pensée critique.


Une forme de provocation ? Peut-être. Mais surtout une alerte : celle d’un artiste qui rappelle que restreindre le vocabulaire, c’est restreindre la liberté de penser.

 

 


Républicain Lorrain


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