VISIONS D'AVENIR / Tokyo, Japon
- Symbiom team

- il y a 2 jours
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Dernière mise à jour : il y a 1 jour
Oeuvre originale / Yannick Monget, 2026
LIEU : Tokyo, Japon
SCENARIO : Le Monde d'Après
Dans ces scenarios de prospective, nous nous projetons plusieurs siècles, voire millénaires dans l'avenir, afin de nous questionner sur le monde que nous lèguerons aux générations futures, aux traces que laisseront nos civilisations actuelles.
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LEGENDE / Longtemps chassée et menacée, les populations de baleines auront finalement échappé à l’extinction. Ironie du sort, l’une d’entre elles saute ici face aux ruines de l’ancienne cité de Tokyo, sur les côtes japonaises désormais submergées par la montée des eaux, consécutive au réchauffement climatique et à la fonte des glaces que les activités humaines avaient générés à partir du XXe siècle. L’humanité n’aura pas disparu pour autant, comme en témoignent la présence de bateaux au loin, naviguant entre les ruines de ces Atlantides modernes. Mais elle aura dû faire preuve de résilience, pour s’adapter aux effets de ses activités passées sur le climat et l’environnement.
Légende : Vue de Tokyo, partiellement inondée par les eaux océaniques. Comme de nombreuses villes côtières, de nombreux quartier de la capitale japonaise seront menacées dans les années à venir.
MENACES SUR LES OCEANS DU GLOBE
DES SOURCES DE POLLUTION MULTIPLES
Des décennies durant, les mers furent considérées comme des dépotoirs. Outre les marées noires, de nombreux pays y déversèrent régulièrement ses déchets, dont certains hautement polluants, dangereux et persistants dans le temps comme les plastiques ou même des déchets radioactifs. (Concernant ce dernier point, cela se poursuit encore aujourd’hui. Fukushima continue à l’heure de l’écriture de ces lignes, de contaminer le Pacifique, tout comme La Hague le fait sur les côtes de la Manche, même si cela demeure anecdotique en comparaison avec les pollutions plastiques et chimiques qui touchent tous les océans et mers du globe).
Concernant, la problématique du plastique, la majeure partie de cette pollution est liée en réalité à une mauvaise gestion des déchets qui se retrouvent dans la mer par le biais des intempéries qui vont les transporter via les cours d’eau vers les côtes. 20% de cette pollution est issu de l’industrie de la pêche, notamment à cause des bouées ou balises flottantes qui figurent parmi les déchets les plus courants retrouvés sur les littoraux). Parmi les autres causes et origines de ces pollutions plastiques, citons le tourisme (par le biais de la construction et de la création d’infrastructures et de services), la distribution (à cause principalement des emballages), l’agriculture (macroplastiques issus de l’irrigation, ou pastilles fertilisantes…) ou encore le secteur de la construction. Chaque année c’est au total plus de 52 millions de tonnes de plastiques qui arrivent dans les océans, entraînant la dissémination de milliards de particules qui vont contaminer des milliers d’espèces.
Mais le plastique ne constitue pas la seule source de pollution et d’autres polluants comme les produits d’entretien, ou les résidus de médicaments explosent en termes de rejets et soulèvent également de véritables défis.
UN AUTRE MONDE EST POSSIBLE
ADAPTATIONS, SOLUTIONS, et ACTIONS
La prise de conscience est cependant là et partout à travers le monde des initiatives, souvent citoyennes voient le jour pour trouver des solutions : en récupérant les plastiques avant qu’ils atteignent les côtes, ou encore via de nouveaux projets visant à récupérer le plastique en haute mer.
Citons notamment le magnifique travail de Plastic Odyssey pour la récupération des plastiques en pleine mer (mais pas uniquement, puisque le projet accompagne également la création de filières de recyclage rentables en créant une valeur économique locale en réduisant, collectant, recyclant des déchets) ou Ocean Cleanup qui vise à dépolluer les grands fleuves en Asie, Ocean Conservancy plus focalisé sur le nettoyage des plages du monde, ainsi que SeaCleaners et Seabin Project, qui visent à collecter les déchets dans les ports.
Evidemment, soigner le mal à la racine doit également être une priorité, et cela passe par ailleurs par des choix politiques pour réorganiser la société et abandonner progressivement ces matériaux polluants. Là aussi, de plus en plus de pays ont commencé à interdire les plastiques à usage unique, comme en Europe (notamment en France, en Allemagne, et en Norvège) ou encore en Afrique, comme au Kenya et au Rwanda, deux pays souvent cités en exemple sur ce continent et qui ont considérablement réduit la présence de certains plastiques dans leurs espaces naturels. On peut également citer le Chili en Amérique latine ou l’Inde.
Plusieurs pays commencent aussi à lutter contre les microplastiques (interdits, dans les cosmétiques par exemple au Royaume-Uni, en France, au Canada, e aux Etats-Unis).
Parmi les autres mesures qui ont vu le jour et ont abouti à des résultats importants citons la mise en place de consignes obligatoires, d’une responsabilité financière des producteurs, d’une taxation des emballages, d’une amélioration de la collecte, la réduction de la production mondiale de plastique demeurant cependant la plus importante de toute.
UN RECHAUFFEMENT INQUIETANT
Les océans absorbent 90% de l’excès de chaleur lié au réchauffement climatique. Inutile de dire que cela impacte également fortement les écosystèmes marins.
16% du réchauffement des océans sur les 70 dernières années s’est produit entre 2018 et 2026 : la tendance est donc claire, le réchauffement des océans et la montée des eaux s’emballent, passant de 2 mm par an avant 2015 à 4,3mm en 2023.
La conséquence immédiate est la migration des espèces vers des zones plus froides, vers les pôles notamment (ou dans le cas de la Méditerranée vers l’Atlantique). Quant aux coraux, qui n’ont pas cette capacité de déplacement, ils blanchissent et meurent en de nombreux endroits du globe, l’augmentation de la température des eaux entraînant l’expulsion des algues avec lesquelles ils vivent en symbiose et qui leur fournissent leur énergie.
En se réchauffant, l’eau va également contenir moins d’oxygène, et des zones mortes, pauvres en oxygène s’étendent, notamment à la suite de vagues de chaleur marines qui gagnent en intensité et en fréquence continuellement, entraînant une hausse de la mortalité de nombreuses espèces tout en favorisant la prolifération d’autres espèces invasives. Rappelons également sur ce point lié à l’oxygène, que la moitié de l’oxygène que nous respirons, provient en réalité du phytoplancton, qui constituent la base des chaînes alimentaires dans les océans, et dont la répartition et la productivité sont aussi lourdement affectées par l’augmentation de la température des eaux.
On le voit, la réduction des émissions de gaz à effet de serre qui alimentent ce réchauffement, est également une nécessité pour la sauvegarde de la biodiversité de nos océans dont nous dépendons totalement.
UNE SURPECHE INTENSIVE IRRESPONSABLE
La pêche intensive demeure cependant la menace première de l’érosion de la biodiversité marine. Dans quasiment tous les océans et lacs du monde, les quantités de poissons capturés aujourd’hui empêchent la reconstitution des stocks. 90 millions de tonnes de poisson sont ainsi pêchés annuellement dans le monde. Un tiers des effectifs de poissons est en situation de surpêche (un chiffre qui s’élève à 93 % pour la Méditerranée).
Très industrialisée la pêche utilise pour se faire des méthodes décriées par la communauté scientifique, comme les chaluts qui ont des conséquences catastrophiques et destructrices sur les eaux profondes et les fonds marins.
Le problème est aussi politique : certains pays ont commencé à prendre des mesures ; l’Union européenne par exemple fixe bien des quotas, mais ces derniers dépassent de 41% les recommandations scientifiques. Les lobbies du secteur restent en effet extrêmement puissants, et ces derniers ne voient que leur intérêt économique à courte échéance.
Enfin, demeure le défi de la pêche illégale : entre 14 et 33 % des prises mondiales sont illicites ou non déclarées selon des estimations d’experts.
Il est important de comprendre qu’au bout de la chaîne, c’est bien l’être humain qui se retrouve menacé : car les 250.000 espèces qui peuplent nos océans sont une source de nourriture essentielle pour une grande partie de l’humanité.
« Nous ne pouvons pas continuer à considérer l’océan comme une ressource inépuisable »
António Guterres
Secrétaire général de l’ONU
UN AUTRE MONDE EST POSSIBLE
ADAPTATIONS, SOLUTIONS, et ACTIONS
L’une des premières mesures qui pourrait être prise serait la création de zones marines totalement protégées, sans aucune exploitation humaine pour limiter la pêche industrielle et l’extraction en eaux profondes.
La fixation de quotas de pêche prenant en compte les recommandations scientifiques (et non celles des lobbys) est une autre nécessité pour éviter l’effondrement des populations à risque, permettre un renouvellement des espèces et assurer une pêche durable à longue échéance.
Concernant la réduction des captures accidentelles, là aussi des méthodes existent, avec des hameçons plus sélectifs, une modification des filets, des dispositifs d’échappement et des fermetures saisonnières (aux Etats-Unis, de nombreux stocks de poissons furent reconstitués grâce à des politiques de quotas et de fermetures temporaires par exemple).
La restauration des habitats marins est enfin une autre nécessité, totalement possible, notamment pour les habitats côtiers, les mangroves, les récifs coralliens, et les zones humides côtières.
La réforme des subventions à la pêche est également nécessaire, certaines aides publiques alimentant encore des pratiques irresponsables, des flottes industrielles surdimensionnées, ou la pêche en haute mer alors que ces financements peuvent être réorientés vers la pêche artisanale notamment.
Mais le levier le plus efficace, reste également détenu par les consommateurs : chacun d’entre nous peut diminuer sa consommation de poissons et agir ainsi à son niveau à l’effort collectif, notamment en réduisant sa consommation des espèces les plus menacées ou des espèces carnassières issues de l’aquaculture comme le saumon ou le thon, qui sont nourris de poissons sauvages ; on estime ainsi qu’1 kg de thon issu de l’aquaculture nécessite 15 kg de poisson sauvage. Sur ce point des ONG comme le WWF éditent des guides pour aider les consommateurs à faire les bons choix
"La mer, le grand rassembleur, est le seul espoir de l’homme. Maintenant, comme jamais auparavant, l’ancienne phrase a un sens littéral : nous sommes tous dans le même bateau."
Jacques Yves Cousteau
Océanographe, scientifique / 1910 -1997
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SOURCE : Réalisation inédite 2026
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NOTES SUR L'IA : L'œuvre originale à la base de cette projection est une œuvre artistique, réalisée sans aucun recours à l'IA / L'intelligence artificielle n'est utilisée ici que comme outil complémentaire permettant d'animer et explorer l'avenir dessiné par l'auteur au travers des animations et autres illustrations enrichissant cette page.
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