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Nous sommes déjà dans le monde d’après



Je voulais réagir suite à la publication il y a quelques jours d’une citation de propos que j’ai tenu récemment sur le fait que nous avons à mon sens une génération de retard et que la question n’était pas de savoir quel monde nous allons laisser à nos enfants, mais quel monde a-t-on laissé aux enfants que nous avons été.


J’ai effectivement prononcé ces mots, persuadé que nous sommes déjà cette première génération d’enfants à avoir leur avenir (du coup, notre présent) fortement compromis par une catastrophe environnementale planétaire initiée par nos ainés. Ces mots ne sont pas tirés de l’un de mes livres, mais qui font échos à un constat inquiétant que j’ai fait récemment : Je suis effectivement interloqué (pour ne pas dire sidéré) par certaines expressions devenues populaires et reprises par tout le monde, dans la rue, dans les médias, partout, sans y réfléchir réellement, et qui traduisent, je pense, un profond malentendu :


Il ne s’agit plus de science-fiction, mais bien de la réalité d’aujourd’hui


J’entends beaucoup de personnes se demander "le monde que nous allons laisser à nos enfants" ou qui régulièrement prononcent des phrases du genre "nous, on ne connaitra pas ça, mais nos enfants en revanche...".


Je ne sais pas s’ils traduisent une volonté de se protéger d’une réalité devenue trop anxiogène, ou s’ils relèvent d’un aveuglement dangereux. Ou des deux à la fois. Car ces paroles traduisent une véritable négation de la réalité.


Partout sur Terre des populations ont déjà perdu leurs terres, submergées par la montée des eaux, ou par l'avancée des déserts. On ne compte déjà plus millions de personnes victimes de tempêtes et autres catastrophes dont il a été prouvé que la violence est une conséquence du bouleversement climatique et je ne parle pas des millions (milliards ?) de victimes effectives de la pollution environnementale au sens large (pollution de notre alimentation, de l’eau que nous buvons ou de l’air que nous respirons).


Les bouleversements que nous annoncions en tant que lanceurs d’alertes depuis de nombreuses années ne relèvent en effet plus de la réalité de demain, mais bien de celle d’aujourd’hui. Nous vivons ainsi déjà dans ce monde pseudo-dystopique ou plus aucun être humain à la surface du globe ne peut se nourrir, boire et respirer sainement, sans ingurgiter simultanément microplastiques et autres joyeusetés issues de l’industrie chimique. Nous vivons déjà dans un monde aux équilibres bouleversés par une nouvelle crise majeure du vivant, cette fameuse 6e extinction de masse à laquelle personne ne voulait croire il y a encore 12 ans* une crise où les espèces disparaissent à un rythme jusqu’à 1000 fois supérieur au taux naturel d’extinction (Pour rappel : 70 % des populations de vertébrés ont disparu en à peine 50 ans).


* Et je sais de quoi je parle car je me suis fait assez critiquer pour avoir alerté sur ce point à l’époque ; Tout le monde nous traitait alors de catastrophistes en refusant de voir l’évidence.


Ce ne sont pas nos enfants qui risquent d’être concernés par ces sombres scénarios : nous sommes déjà concernés et nos enfants le seront d’autant plus si nous acceptons de laisser la situation continuer à se dégrader.


Nous vivons déjà dans ce monde que nous décrivions, nous autres auteurs, comme relevant de la « science-fiction », il y a encore quelques années à peine, mais qui est aujourd’hui devenu notre réalité et notre quotidien. Il serait grand temps que certains fassent tomber les œillères pour accepter cet état de fait, car si nous ne sommes même pas capables d’intégrer cette réalité, a fortiori nous allons avoir du mal à nous mobiliser pour changer radicalement de voie, et ce, on ne peut plus rapidement.



La résolution des défis environnementaux incombe à notre génération, pas à celle de nos enfants


Parmi les expressions les plus inquiétantes, demeurent à mes yeux celles tournées vers les générations futures, expliquant que « nos enfants sont l’avenir » « la solution de demain » ou que sais-je encore. Des expressions qui laissent entendre que ce sont nos enfants qui devront résoudre les problèmes que nous connaissons aujourd’hui. Une manière de refiler l’eau du bain avec le bébé comme on dit aux générations futures, une manière ni plus ni moins de se défausser face à l’énormité des défis qui se dressent face à nous.


Alors sur ce point, là aussi soyons clairs : ce ne sont pas nos enfants, a fortiori les générations futures qui mettront fin au bouleversement qui s’annonce.


Si nous n’agissons pas dès aujourd’hui, si nous ne nous reprenons pas en main maintenant, ce ne sera pas les générations suivantes dans 20 ans qui pourront le faire, car la situation sera alors devenue totalement hors de contrôle (ce qui est en partie le cas déjà pour certains phénomènes caractérisés par une inertie telle qu’ils perdureront pendant des millénaires, à l’image de la montée des eaux.)


C’est aujourd’hui que nous devons agir.

Pas dans 20 ans, Pas dans 10 ans, Pas dans 1 ans,

Aujourd’hui


Ma génération, qui est également celle de Thomas Pesquet ou d’Emmanuel Macron, d’Hindou Oumarou Ibrahim, d’Aurélien Barrau, est très probablement la dernière à pouvoir encore changer les choses.


Non pas en réparant tous les dégâts occasionnés par l’humanité, comme expliqué plus haut, mais en en limitant l’impact pour justement permettre aux générations futures d’y faire face. En dessinant les contours d’un autre monde, radicalement différent, en tirant les difficiles leçons de nos erreurs et de celles des générations qui nous ont précédés.


C’est dire le poids qui repose à présent sur nos épaules. Rien de moins que la survie de notre espèce et de notre monde. Vous noterez que je ne dis pas « de notre planète » qui, a priori, pourra probablement s’en sortir sans nous (même si une guerre nucléaire a possiblement la possibilité de nous faire retourner 3,5 milliards d’années en arrière en annihilant presque toute forme de vie du globe).


C’est la raison qui fait que je suis critique entre autres envers celles et ceux qui imaginent que les réacteurs nucléaires pensés par notre gouvernement pour subvenir à nos besoins dans 20 ans sont une solution. Dans 20 ans, la guerre du climat sera évidemment perdue (et pas que celle-là). Nous devons immédiatement trouver des alternatives et les mettre en fonction dès à présent.


Ces projets de nouveaux réacteurs sont un exemple parmi d’autres, mais qui illustrent ce décalage total entre la réalité et les solutions mises en place par des dirigeants qui n’ont en rien compris la gravité et l’urgence de la situation. Trouver une solution qui sera fonctionnelle (au mieux) dans 15 ans (et tout le monde sait que quand EDF dit 15 ans, il faut a minima entendre 20 ans) alors qu’on parle d’urgence absolue c’est un peu comme si, pour reprendre la métaphore du film « Don’t look up », on imaginait un système de défense planétaire qui serait valide pour dans 7 mois… en sachant qu’un météore nous percuterait dans 6 mois. Ça ne sert strictement à rien !


L’humanité doit immédiatement, et simultanément tout mettre en œuvre pour diminuer d’une part drastiquement sa pression sur les ressources planétaires, d’autre part mettre en place des solutions alternatives (notamment dans le domaine de l’énergie) n’altérant plus notre environnement naturel, c'est-à-dire notre environnement de vie. Je fais évidemment référence ici à la nécessité de ne plus émettre de GES, mais également, plus globalement de polluants au sens large (notamment en repensant totalement le modèle agricole productiviste écocidaire).


Alors, relevons nos manches. Trouvons une solution diplomatique à cette guerre ridicule, absurde, honteuse, ignoble qui occupe tous nos esprits en ce moment, et recentrons-nous sur la seule guerre qui a aujourd’hui lieu d’être, celle contre la bêtise, l’absurde, l’inconséquence et l’irresponsabilité de l’Humanité.


C’est maintenant ou jamais.


__________________


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